La Grande Saline de Salins les Bains

La Grande Saline de Salins les Bains

700 ans d'histoire

La première exploitation des sources salées de salins et suggérer vers 4300 avant Jésus-Christ par la construction d'un village fortifié sur les hauteurs de la ville actuelle. D'importantes accumulations de charbon de bois, datée de 3000 avant Jésus-Christ, atteste également d'une production de sel par le feu. Au XIIIe siècle, il existait à salins trois salines : la grande saline (ou grandes Sauneries), le Puits à Muire (ou petite saline) et la Chauderette de Rosières. Le tout était protégé par un important système défensif composé de remparts et de tout destiné à protéger leur blanc.

Les Salines, propriété du roi de France

Les salines de salins sont concurrentes jusqu'à leur attachement au sein d'une administration commune, au début du XVIIe siècle.
Après la conquête de la Franche-Comté par Louis XIV en 1678, la grande Saline de Salins devient la propriété du roi de France ; le sel de Salins et commercialisé en Franche-Comté et au-delà, notamment en Bourgogne et en Suisse.
Le commerce du sel fait de Salins un des centres les plus importants de la Franche-Comté. Au XVe siècle, c'est la deuxième ville du comté, avant Dole et juste après Besançon.

La fabrication du sel ignigène

Le site de Salins les Bains offre aujourd'hui une lecture immédiate de l'industrie salinière comtoise et des techniques de fabrication du sel ignigène.

Capter l'eau salée

Durant tout le Moyen Âge, la grande Saline de Salins exploite au total trois puits dans lesquelles s'écoulent les eaux salées et des eaux douces. Les dispositifs ingénieux ont été employés pour capter, canaliser, remonter et stocker ses sources salées. Le sel, une fois produit, et ensuite préparé et conditionné pour sa commercialisation. Si ce principe fondamental n'a jamais changé, les techniques et outils de production ont évolué et se sont perfectionnées au fil du temps.
Griau, ou gréalMécanisme probablement le plus ancien qui semble encore fonctionner parfois au XVIIIe siècle. Il s'agit d'une perche à balancier pourvu d'un saut qui plonge dans le réservoir d'eau et d'un contrepoids qui permet de le faire remonter une fois remplie.
Noria, ou signole
Système employé à partir du début du XIVe siècle. Il s'agit d'un chapelet de barils en bois, actionnée par une roue, elle-même entraînée par des mulets ou des chevaux. Les barils plongent dans les réservoirs d'eau souterrains et remonte la saumure à la surface.
Pompes hydrauliques
Milieu du XVIIIe siècle. Les pompes sont actionnées par des roues hydrauliques, mis en mouvement par la rivière la furieuse. En 17 191,4 roues font marcher 10 pompes dans la Grande Saline.
Sondage : à partir de 1846
La technique du sondage permet d'atteindre le banc de sel gemme en profondeur et de pomper une saumure très concentrée en sel (330 g/litre). Les forages, qui se succèdent de 1831 à 1848, permettent l'installation de sondages profonds et de pompes adaptées.

Produire le sel par le feu : le sel ignigène

Une fois remontée, la saumure et stocker dans des réservoirs avant d'être acheminé dans de vastes cuves en métal, appelé « poêles ». Chauffer durant plusieurs heures dans ses cuves, lot s'évapore tandis que le sel cristallise. Il peut alors être récolté manuellement parler sauniers. La durée de la cuite varie selon la salinité de la saumure, mais également suivant la quantité de sel recherchée.

Des gestes et des métiers qui ont traversé les âge

Au cours des siècles, le travail repose toujours sur les mêmes gestes : à l'aide d'un râble, sorte de long râteau percé, les sauniers récoltent les cristaux de sel formé dans le fond de la poêle. Les cycles de production dure de 15 à 30 jours et le tirage du sel nécessite toujours les mêmes outils. Durant les années 1950 et jusqu'à la fin, la Grande Saline ne fonctionne que l'été pour approvisionner l'établissement thermal. Les chauffeurs travaillent en 3x8 pour que la chauffe ne s'arrête pas. Tôt le matin, les tireurs de sel transportent le sel tiré la veille dans la salle des poêles aux magasins. Puis il procède au tirage du sel jusqu'en début d'après-midi. Les sauniers peuvent ensuite travailler à l'ensachage, dans les magasins, où ils sont payés au sac. Les compétences requises pour la production évoluent finalement peu. Seul le nom des postes et des fonctions a parfois changé. On apprend sur le tas et les conditions de travail sont particulièrement pénibles.

Le conditionnement du sel

Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le sel produit est moulé en forme de pain, appelé « salignons ». Une fois secs, les salignons sont rangés par douzaine dans des paniers et stocker avant expédition. Quant au sel en grains, il est entreposé au rez-de-chaussée, conditionné dans des tonneaux appelés bosses où il sèche durant 40 jours. Au XXe siècle, le sel de Salins sera exclusivement commercialisé en sacs.

Le sel, une ressource naturelle convoitée

Le sel, à l'état naturel, provient soit de la mère et des marais salants, soit des gisements de sel gemme continentaux résultant d'une immersion marine ancienne. Ces derniers peuvent donner lieu à une extraction minière ou à une exploitation de sources souterraines d'eau salée.
La Franche-Comté est parcourue dans ses profondeurs par un banc de sel gemme datant de l'ère secondaire. Ce gisement salifère se prolonge au-delà de la Franche-Comté, au Nord, jusqu'en Lorraine, Champagne et Allemagne, et au sud, jusqu'en bref et aux limites des Alpes.
La formation de ce sel est lié à la présence de la mer qui recouvrait l'est de la France il y a environ 215 millions d'années.